Saint-Gildas-des-Bois

Église Abbatiale (Saint-Gildas-des-Bois)

L'abbatiale de Saint-Gildas-des-Bois est l'un des clochers de la paroisse de Saint-Gildas-des-Sources. Dominant majestueusement le cœur de la commune, elle en est le monument emblématique et la maison-mère. Fondée originellement en l'an 1026 à l'initiative de Simon, seigneur de La Roche-Bernard, l'ancienne abbaye bénédictine s'est développée autour des reliques de saint Gildas apportées depuis l'abbaye de Rhuys.

Repères historiques et architecture

L'abbatiale actuelle a été érigée d'un seul élan architectural à la fin du XIIe siècle et achevée en 1214. Classée monument historique, elle constitue un chef-d'œuvre rare de l'art roman, remarquable par sa grande sobriété fidèle à la règle de Saint-Benoît. Sa structure se distingue par l'utilisation du « roussard », un grès ferrugineux local qui s'oxyde à l'humidité et confère aux murs de l'édifice une teinte chaleureuse et unique.

Au fil des siècles, le monastère traverse de profonde épreuves : décliné sous le régime de la commende au XVe siècle puis dévasté par les guerres de Religion, il renaît en 1645 grâce à l'arrivée des moines mauristes. La Révolution française sonne le départ des derniers religieux. Le site, vendu comme bien national, est finalement racheté en 1828 par l'abbé Gabriel Deshayes pour y installer la congrégation des Sœurs de l'Instruction Chrétienne, qui en occupent encore aujourd'hui les bâtiments monastiques adjacents.

L'histoire contemporaine de l'abbatiale is marquée par les violents combats de la Poche de Saint-Nazaire en 1944, durant lesquels l'ensemble de ses vitraux d'origine est anéanti par le souffle des bombardements. Dans le cadre d'une commande publique d'État, l'artiste Pascal Convert s'est vu confier la recréation des quatorze baies vitrées de l'édifice. Inaugurés au début du XXIe siècle, ces vitraux contemporains uniques sont formés de bas-reliefs en cristal s'inspirant de plaques photographiques médicales du XIXe siècle représentant des visages d'enfants. Cette démarche artistique puissante rend un hommage direct au pouvoir mémoriel de guérison et de protection de l'enfance que la tradition médiévale et les pèlerins prêtaient jadis à saint Gildas.

Les Enfants de cristal

Vitraux contemporains en cristal représentant des visages d'enfants - Pascal Convert

Un travail d'équipe

Très endommagée par deux bombardements le 12 août 1944, au début de la Poche de Saint-Nazaire, l'église de Saint-Gildas-des-Bois, par manque de crédits, n'avait pu retrouver la totalité de ses vitraux. En 2003, à l'initiative d'André Trillard, sénateur-maire de la commune, une commission est créée pour redonner à l'ancienne abbatiale des verrières dignes de son passé historique, compatibles avec celles de Maurice Rocher, posées en 1956. Elle regroupe des élus, des instances du Ministère de la Culture, au nombre desquels Norbert Duffort, directeur des Affaires culturelles des Pays de la Loire, des représentants de la paroisse et du diocèse, ainsi que l'écrivain Jean Rouaud, originaire de la région. Au terme de deux ans d'études, la commission confie le projet à Pascal Convert, plasticien.

Une création originale

Pascal Convert a mis en œuvre la transformation de figures en un matériau, en l'occurrence le cristal. Il s'inspire de photographies médicales d'enfants aliénés prises à la fin du XIXe siècle et les convertit en vitrail. Les photographies sont développées en bas-relief de plâtre par le sculpteur Claus Velte, puis le maître verrier Olivier Juteau fait fondre le cristal dans les moules originaux. Jean-Dominique Fleury a coordonné l'ensemble jusqu'à la pose finale. L'effet obtenu est saisissant. Chaque enfant, en creux dans la dalle de cristal, vous suit du regard avec une insistance muette et émouvante, rappelant les vertus thaumaturgiques de Saint-Gildas, imploré jadis pour la guérison des malades.

Dans le cadre de la commande publique

Depuis 1983, la réflexion autour de la production d'œuvres d'art dans l'espace public a permis d'introduire l'art contemporain au sein d'édifices religieux. À Saint-Gildas-des-Bois, le coût du projet s'est élevé à 300 000 euros. Il a été mené à bien grâce au concours financier du Ministère de la Culture, de la Région des Pays de la Loire, du Conseil général de Loire-Atlantique et au mécénat de Gaz de France et du Crédit Agricole.